vendredi 1 juin 2018

Dr William Arceneaux, l’Héritier légitime, publié dans Acadiana Profile, juin-juillet 2018


Dr William Arceneaux, l’Héritier légitime

Sur la photo du fondateur du CODOFIL, on lit la dédicace suivante : « Le 11 avril 1984: À mon cher et estimé ami Wm « Bill » Arceneaux, le vrai chef de file dans l’éducation de l’état et qui a aussi la responsabilité de sauver la langue française pour la Louisiane et les États-Unis. James Domengeaux, CODOFIL » Avec une telle marque de confiance, on discerne sa désignation comme l’héritier légitime. Il a toutefois fallu attendre presque 27 ans pour qu’il devienne son quatrième président. Entretemps, il a bâti une carrière impressionnante dans le monde de l’éducation avant d’enfin se tourner pleinement vers la sauvegarde du français en Louisiane.

Originaire du village de Scott, Arceneaux est devenu historien avec des diplômes de USL et de LSU. De cette dernière université, il a obtenu en 1969 un doctorat dans le domaine de l’histoire et de la politique de l’Amérique latine. Trois ans après, il fut nommé directeur exécutif du Conseil de coordination de l’éducation supérieure. Dans trois ans encore, il fut nommé Commissaire de l’éducation supérieure auprès de la Commission des régents de la Louisiane, un poste qu’il a tenu jusqu’en 1987. Puis, pendant vingt ans, il a servi comme président de l’Association louisianaise des universités indépendantes. C’est la seule personne à avoir représenté à la fois les intérêts des universités publiques et privées en Louisiane et aux États-Unis.

Pendant ces années, il a travaillé avec de nombreuses organisations professionnelles directement ou indirectement impliquées dans la promotion de la langue française dans l’éducation. Si ce n’était pas assez, il a aussi veillé aux intérêts des étudiants empruntant de l’argent en servant sur la commission Sallie Mae. Le Président Clinton l’en a même nommé président de 1993 à 1997. Quand le Gouverneur Jindal a choisi Arceneaux comme président du CODOFIL en janvier 2011, il avait déjà dressé, tout comme Domengeaux avant lui, un palmarès professionnel admirable. Il lui restait néanmoins encore beaucoup de projets à réaliser.

Comme nos partenaires internationaux l’ont fait comprendre dès son arrivée au poste, l’heure était venue pour que la Louisiane commence à se sevrer des enseignants étrangers que ces gouvernements nous avaient si généreusement fourni depuis le début. Ses talents d’historien et de chef de file en éducation étaient en pleine évidence quand il a créé « L’Escadrille Louisiane », un programme pour former en plus grand nombre des profs louisianais de français. Nommé en souvenir de « L’Escadrille Lafayette », un groupe de 200 pilotes américains qui se sont portés volontaires en France pendant la Grande guerre, la France accueille chaque année, grâce à cet échange, des Louisianais qui enseignent l’anglais et, en même temps, qui travaillent vers une certification louisianaise en français. On compte déjà des anciens boursiers dans nos classes d’immersion française.

Depuis l’arrivée d’Arceneaux, les programmes d’immersion sont de nouveau en pleine expansion avec l’addition récente des paroisses de la Pointe-Coupée et d’Évangéline. Il a fallu du temps, mais la prophétie de Domengeaux semble se réaliser, mettant le CODOFIL sur le bon chemin pour ses prochains cinquante ans.

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