Laissez les bons temps rouler : L’histoire d’une expression problématique
C’est avec les années d'après-guerre prospères et le retour triomphant des soldats louisianais francophones que l’expression a pris tout son envol. Il y a eu l’enregistrement en 1949 de « Bon Ton Roula/Bon Ton Roulet » par Clarence Garlow, originaire de Welsh en Louisiane, dans le style de jump blues que Jordan affectionnait, qui est probablement la genèse de sa popularisation en français. Une autre indication qu'il s'agissait à l'origine d'un terme anglais traduit en français peut être entendue dans une récente entrevue avec Amanda Lafleur, experte en français louisianais, sur le podcast « The Weekly Linguist ». Là, elle mentionne que Clifton Chenier disait parfois « Quittez les bons temps rouler », ce qui serait une tournure plus locale de la phrase. Par exemple, il est plus courant d'entendre « Quitte-moi te dire quelque chose » au lieu de « Laisse-moi te dire quelque chose ». En plus, Clifton et Clarence se connaissaient bien, ayant tourné ensemble au début des années 50, se présentant comme les « Deux Français Fous ». Si quelqu’un a su faire rouler les bons temps, c’était bien le Roi du Zarico. Je serais surpris si ce n'était pas l'origine de l’usage généralisé de l'expression en français. Depuis, on utilise l’expression partout, à tort et à travers, avec des variantes d'orthographe phonétique incorrectes qu'on trouve en ligne. Il serait temps qu’on décide une fois pour toutes que c’est « Laissez les bons temps rouler » si on doit insister à l’utiliser. Cela dit, je pense qu'il capte néanmoins l'essence de notre fameuse « Joie de vivre », qui est indéniablement d’origine française.






